Premier débat public autour du compteur électrique Linky (Mâcon infos, Attac)

L’organisation altermondialiste ATTAC Mâcon avait invité de Grenoble des opposants à Linky pour une conférence ce mercredi 2 novembre.

Ce sont des représentants de « Pièces et main d’œuvre », un collectif opposé aux nouvelles technologies et auto intitulé « d’enquête critique », qui ont présenté leurs arguments contre le fameux compteur d’électricité communiquant qui devrait remplacer les compteurs actuels.

Selon eux, derrière l’installation des compteurs Linky se cache une mesure pour préparer la libéralisation du marché de l’électricité en France, mais aussi pour mieux contrôler le comportement des gens à travers la collecte, le stockage, et l’analyse d’une quantité énorme de données sur leur façon de consommer l’électricité. Car la particularité de Linky c’est qu’il permettra de mesurer en détail la consommation de chaque foyer français et de centraliser ces informations. Des données une fois collectées qui pourraient ensuite être exploitées dans d’autres domaines sans avoir des garanties réelles sur leur utilisation.

Le collectif grenoblois conteste aussi l’argument d’ERDF disant que les compteurs donneraient la possibilité aux consommateurs de contrôler leur consommation d’électricité. Ils donnent l’exemple de l’expérimentation faite par la ville de Grenoble depuis 2012 sur quelques centaines de foyers avec des compteurs similaires au Linky et qui a donné des résultats modestes en matière d’économie d’énergie.

Le gouvernement français, à travers la loi de la transition énergétique, a imposé Linky comme instrument pour réduire la consommation d’énergie et la pollution.

Dans le public, il y avait des gens qui craignaient les effets de ces dispositifs, mais aussi ceux qui voulaient en savoir plus. Parmi eux, Christine Bourgeon, maire de la commune Mancey de Saône et Loire qui s’oppose à l’installation du compteur Linky :

« Au début j’ai reçu par mail des informations sur ce compteur qui ont éveillé ma curiosité, j’ai voulu en savoir plus sur ces compteurs et je me suis rendue compte qu’il y avait un tas de motifs pour m’inquiéter surtout par rapport à la santé avec ces fameuses ondes électromagnétiques, par rapport aussi aux risques d’incendies et à l’intrusion dans la vie privée parce qu’on collecte des données sur la façon de vivre des gens et on ne sait pas trop ce que deviennent ces données.

Donc j’ai préparé un dossier pour le conseil municipal et j’ai proposé qu’on prenne une délibération pour que les compteurs ne soient pas déployés sur le territoire de la commune. Le conseil a voté à l’unanimité. Ensuite, le préfet a demandé au tribunal administratif de Dijon de suspendre notre délibération parce qu’on n’avait pas les compétences de délibérer sur ce sujet et le juge lui a accepté la demande. Mais comme je continue de refuser de retirer la délibération il y aura un jugement sur le fond devant la même juridiction. »

Une délibération similaire contre le compteur, votée par le conseil municipal de la commune de La Truchère (Saône et Loire) a été suspendue en même temps par le tribunal administratif de Dijon.

Philippe Fournier, représentant de la filiale mâconnaise de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC) se félicitait d’avoir organisé la conférence – débat autour du compteur Linky : « Il y a des résonnances entre nous et le collectif de Grenoble, des questionnements. ATTAC n’a pas une position forte au niveau national par rapport à Linky, mais nous, à Mâcon on avait l’opportunité que les représentants de Pièces et main d’œuvre viennent parce qu’ils organisent des débats en Bourgogne, et on s’est dit que c’était une action citoyenne intéressante. »

Source : Cristian Todea, Mâcon infos, 3 novembre 2016

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