Podemos, un exemple pour la gauche française ? (Politis)

Les succès électoraux de Podemos suscitent intérêt et convoitise dans les rangs de la gauche française. Parce que le parti parvient à incarner une gauche dépoussiérée, crédible et audible. Mais aussi parce qu’il donne corps à un double rêve que la gauche se refait sans fin : la convergence des luttes, la réconciliation de la gauche et des classes populaires.

Podemos n’est qu’une partie d’un profond soulèvement citoyen, qui s’enracine dans le mouvement des Indignés, au printemps 2011, et dans son long cheminement vers les candidatures autonomes. Il a contribué à un retour du politique jusqu’au pied des immeubles, au point de ramener vers les urnes une partie des habitants des quartiers populaires. Il ringardise l’ensemble de l’échiquier politique – du PP (droite) jusqu’à Izquierda unida (gauche communiste) – permettant l’éclosion de forces authentiquement nouvelles en politique.

Vue de France, la dynamique espagnole semble bien éloignée, tant le débat politique en France est englué dans des questions d’appartenance identitaire. Avec des forces politiques et sociales cloisonnées, qui peinent à sortir des logiques d’appareil pour incarner un contre-projet clair. La crise nous précipite ici dans un flou idéologique. Elle a réveillé là-bas un sentiment collectif qui transcende les clivages.

Que pourrait-on ici retenir de l’exemple espagnol ? Une conception nouvelle de la participation citoyenne qui prend acte de la révolution numérique, un profond renouveau du langage en politique et un formidable appel d’air… Que les partis français pourraient vouloir se disputer d’ici aux régionales de décembre.

Source : Erwan Manac’h, Politis, 17 juin 2015

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