« On se pose des questions sur notre avenir d’infirmières » (JSL)

Plongés dans leurs études – hier, c’était jour d’évaluation – les étudiants de 2e année de l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Mâcon ne se sentaient pas moins concernés par le mouvement social qui agitait le centre hospitalier tout proche. « Nos futures conditions de travail nous inquiètent », disent en substance les futures blouses blanches. Ces conditions réelles, ils ont déjà eu l’occasion de s’y confronter lors de leurs périodes de stages. Et ce qu’ils ont découvert n’était pas vraiment encourageant : « En l’absence de directeur, le cadre de service devait remplir les fonctions de direction et l’infirmier remplissait celles de cadre, témoigne Paul Bertout, 20 ans. Du coup, lorsqu’on débarque, même en tant qu’étudiant, on attend de nous presque la même efficacité qu’un infirmier titulaire ».

« Certaines journées, confie Caroline Dabrowski, il y avait tellement de travail qu’on n’avait pas le temps de manger, ni même d’aller aux toilettes. Même si les infirmières du service essaient de nous protéger, on se sent obligé de partager leur quotidien. Une fois, je suis partie à 22 h au lieu de 21 h. La titulaire, elle, a dû travailler jusqu’à minuit ! »

« On nous demande même, en tant que stagiaire, si l’on souhaite travailler les week-ends. Cela montre bien à quel point les équipes sont en souffrance et en sous-effectif », estime Aurélie.

Si elle préoccupe les étudiants, la situation tendue de la profession ne va pas jusqu’à dissuader les vocations. « On fait notre métier par passion, ça, c’est sûr, mais on attend quand même un minimum de retour, dit Leslie. Or, la paye n’est pas à la hauteur des responsabilités ». D’où la tentation de l’expatriation : « Après mon diplôme, j’ai déjà prévu d’aller en Suisse », assure la jeune femme. Sa copine Pauline, pour sa part, vise la Suisse, la Suède ou le Canada : « Dans ces pays, le diplôme est valorisé, le métier reconnu et le système de santé bien meilleur qu’en France ».

Source : Damien Valette, Journal de Saône-et-Loire, 9 novembre 2016

,