Manifestation contre la loi travail à Mâcon (28 juin 2016)

Mâcon : entre 300 et 500 manifestants contre la loi Travail

Ce mardi après-midi, une nouvelle mobilisation s’est déroulée à Mâcon pour protester contre la loi Travail. Entre 300 (police) et 500 (organisateurs) manifestants ont répondu à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et FSU.
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Le cortège s’est élancé de l’esplanade Lamartine à 15 heures. Les manifestants ont pris la direction de la préfecture. Une délégation a remis au directeur de cabinet du préfet les résultats de la votation citoyenne sur la loi Travail. Les organisations syndicales ont recueilli 7316 votes en Saône-et-Loire, dont 7013 pour “le retrait de la loi Travail”.
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Source : Adrien Wagnon, Journal de Saône-et-Loire, 28 juin 2016


MÂCON : 400 personnes dans la rue contre la loi Travail

200 selon la police, 500 selon les syndicats… Quoi qu’il en soit, la manifestation a fait beaucoup de bruit cet après-midi. Les syndicats ont emmené en préfecture les premiers résultats de la votation citoyenne…
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Au départ de l’Esplanade, le cortège est remonté rapidement jusqu’à la préfecture après un stand up au niveau du pont St-Laurent, préfecture où une délégation était attendue pour remettre la votation citoyenne organisée dans les entreprises.
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En Saône-et-Loire, CGT et FO ont recueilli 7 316 votations. 7 013 citoyens se sont prononcés pour le retrait de la loi Travail. Ce qui évidemment a renforcé la conviction des syndicats engagés dans cette lutte de ne pas céder. “En France, ce sont 700 000 votations qui ont été recueillis. 92% des citoyens se sont prononcés contre ce projet de loi” lançait le secrétaire de l’Union Départementale CGT Christophe Bride, qui rappelait aussi les 4 mois de mobilisation… “Le combat continue. Rendez-vous le 5 juillet !”

L’intervention intégrale de Christophe Bride (CGT)

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Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

En Saône & Loire, notre 1ère mobilisation contre la loi travail a commencé par un rassemblement devant la Direccte à Mâcon le 1er décembre 2015. Nous manifestions alors contre ce projet de loi, et pour défendre les agents de contrôle de l’Inspection, qui pour mieux répondre aux besoins des salariés ne remplissaient pas les données statistiques et étaient menacés de sanctions. Je profite de cet instant pour vous dire que la loi travail prévoit aussi de créer un service, uniquement réservé aux entreprises, pour leur répondre dans un délai de 48h pendant que l’accueil réservé aux salariés se réduit, et devient de moins en moins accessible. Combattre la loi, c’est aussi défendre l’inspection du travail et vous aider vous-même !

Depuis plus de 4 mois, nous sommes maintenant des millions à être mobilisés contre le projet de loi travail partout en France. En lutte contre un projet de loi qui remet en cause les droits des salariés. Un projet de loi dont personne ne veut puisque 74 % des citoyens sont contre ! Y compris les élus politiques n’approuvent pas ce texte, mettant le gouvernement en minorité. Mais, nos dirigeants, très respectueux de la démocratie ont poursuivi comme si de rien n’était en utilisant le 49.3 pour faire passer en force ce texte, et jouant la montre pensant que les opposants allaient s’essouffler… Raté, on est toujours là !

Pour bien comprendre les enjeux de leur entêtement, il est important de regarder les choses avec un peu de hauteur. Et on s’aperçoit qu’en Belgique aussi les travailleurs luttent contre un projet de loi travail qui supprime la clause de faveur. En fait, il s’agit simplement de la mise en place de politiques libérales, partout, en Europe et dans le monde. Il est donc important, et encourageant, de savoir que les peuples se rebellent contre toutes ces attaques qui participent à la déréglementation des garanties collectives, qui mettent en péril la protection des salarié-e-s, qui remettent en cause le droit à l’avenir des jeunes. Les travailleurs et leurs familles se mobilisent pour revendiquer de nouveaux droits partout.

Il est important aussi de prendre en compte l’ensemble des différentes formes d’action et d’expression exprimant le ras le bol social. A l’exemple du Royaume-Uni, ou le peuple a choisi majoritairement de quitter l’Union européenne suite à un référendum qui a rassemblé plus de 72 % des inscrits, ce qui est un record. Plus d’un million de voix séparent les partisans du Retrait de ceux du Maintien.

Ce vote est avant tout le résultat d’une construction européenne fondée sur l’austérité et le dumping social, loin de contribuer à la cohésion des peuples européens. Ces politiques ont entraîné une dégradation des conditions sociales, et des services publics, pesé sur les salaires et généralisé la précarité de l’emploi. Elles ont ouvert en grand la porte au repli nationaliste, aux partis populistes voire xénophobes.

La Cgt rappelle que l’urgence est à la construction d’une Europe fondée sur la solidarité, la démocratie, la coopération, l’égalité de traitement et le progrès social.
Les salariés ne sont pas concurrents ! Il y a du travail pour toutes et tous, et les profits créés par le travail humain doivent servir à la satisfaction des besoins sociaux, améliorer les conditions de vie et de travail des populations, de la naissance à la fin de vie.

C’est pour cela que la CGT poursuivra ses efforts au sein de la Confédération européenne des syndicats pour construire cette Europe sociale dans l’intérêt des peuples et non pour satisfaire les appétits insatiables des requins de la finance !

Nous appelons à rompre immédiatement avec les politiques d’austérité et à mobiliser les moyens et ressources européens pour lutter contre les inégalités et la précarité, augmenter les salaires et les minima sociaux, renforcer les services publics et réaliser les investissements publics comme nous le proposons avec la CES.

C’est pour lutter contre le dumping social que les peuples se mobilisent en Europe notamment en Grèce, en Belgique, en Espagne et bien sûr en France avec la mobilisation contre la loi travail.

Alors, le mépris ça suffit ! Le gouvernement doit entendre !
Le 14 juin, un million trois cent mille personnes ont manifesté pour exiger le retrait de la loi travail. Une manifestation pacifique, pourtant, des centaines de casseurs, tout de noir vêtu ont remonté la manifestation sans être inquiétés. Ils ont cassé, impunément, sans que les ordres de les arrêter n’arrivent ! Et, à la fin de la manifestation, ce sont les manifestants qui ont été isolés, encerclés par les CRS, empêchés de rejoindre leurs bus. Puis ils ont été gazés, matraqués, sans aucune raison ! Il n’y avait pas de casseurs à leurs côtés, et les manifestants n’ont rien fait d’autre que de manifester dans le calme, la bonne humeur, en entonnant des slogans revendicatifs.

L’avantage de notre époque, c’est que les mensonges du gouvernement ont pu être démontés par les vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux, montrant la réalité des faits. On a pu voir des casseurs visibles, agissant parfois seul, à l’exemple de celui qui a cassé les vitres de l’hôpital Necker, avec une police à côté, mais n’intervenant pas, car les ordres n’arrivaient pas ! Mais qui donne les ordres aux forces de l’ordre pour intervenir ?
Au final, 1,3 millions de manifestants, 800 casseurs, et des médias nationaux ne relayant que les images de violence. Mais à qui profite le crime ? Sûrement pas aux organisations syndicales, qui ont même vu un bus de manifestants massacré.

Le 23 juin, le gouvernement a été jusqu’à vouloir interdire de manifester. Du jamais vu depuis le 8 février 1962 où la manifestation avait été interdite par le préfet de l’époque, un certain Maurice Papon. La violence policière avait alors fait 8 morts parmi les manifestants.
Finalement, le 23 juin la manifestation aura été autorisée, avec un dispositif de sécurité impressionnant et un parcours raccourci.
Soyons vigilants ! Très vigilants !!! Et continuons aussi à défendre nos droits fondamentaux !
– Dont celui de manifester
– Dont celui de pouvoir adhérer à l’organisation syndicale de son choix
– Dont celui de faire grève.

La journée du 23 juin a démontré une nouvelle fois la grande détermination des salariés, jeunes, privés d’emplois et retraités, à poursuivre la mobilisation pour obtenir le retrait du projet de loi Travail et des nouveaux droits.
De nombreuses actions multiformes ont eu lieu dans tout le pays, malgré toutes les tentatives du gouvernement pour discréditer le mouvement social, en agitant la peur et la remise en cause des libertés fondamentales à travers l’interdiction du droit à manifester à Paris.
Le climat social de notre pays se détériore, en témoigne les dégradations commises au siège de la CFDT, puis contre le siège de la CGT 2 jours plus tard.
Les organisations syndicales et de jeunesses condamnent ces actes. Elles réaffirment leur attachement à la démocratie et au pluralisme d’expressions. Quelles que soient les positions des uns et des autres, les organisations syndicales représentent des salariés et à ce titre, elles doivent être respectées.

Le 23 juin a été également une journée importante de votation citoyenne avec des déploiements très nombreux, de manière à multiplier les bureaux de votation, et faire remonter l’expression des citoyens très majoritairement opposés à ce projet de loi.
C’est d’ores et déjà plusieurs centaines de milliers d’expressions des salariés, jeunes, privés d’emplois et retraités qui réaffirment très majoritairement leur opposition au projet de loi travail, particulièrement sur :
– l’inversion de la hiérarchie des normes
– les accords de développement et de maintien de l’emploi
– les conditions de licenciement
– le référendum d’entreprise
– la médecine du travail.

La publication des chiffres du chômage du mois de mai 2016 qui montrent une augmentation dans presque toutes les catégories, a confirmé l’augmentation de la précarité. Les chiffres sur un an montrent une tendance de fond à l’augmentation des catégories B et C, c’est-à-dire celle des travailleurs précaires.

Si le chômage des jeunes baisse légèrement, celui des seniors ne cesse de s’aggraver.
Comme nous l’avions dénoncé le mois précédent, les radiations ont bien eu lieu, la preuve en est fournie par “la correction” des réinscriptions nombreuses.
Rappelons encore une fois que les entreprises bourguignonnes ont touché 1,2 Mds d’€ d’aides publiques en 2015 un résultat négatif puisqu’il y a eu 6 495 chômeurs supplémentaires ! On pourrait au contraire créer 50 000 emplois à 24 000€ annuels avec cet argent public ! 50 000 consommateurs !!! Ce serait autrement plus dynamique au niveau économique. Oui l’argent existe ! Oui on peut l’utiliser autrement qu’en donnant tout à une minorité !

La tendance de fond n’est donc pas à la baisse du chômage mais à l’augmentation de la précarité, ce que ne manquerait pas de renforcer la mise en application de la loi Travail, facilitant les licenciements, le travail précaire et renforçant le dumping social. C’est pour cela que nous ne devons pas lâcher, et nous devons poursuivre la mobilisation contre la loi travail, et aller plus loin pour gagner des droits nouveaux pour les salariés.
Et malgré les attaques contre le siège de la CGT, contre ses militants et contre les manifestants, La CGT ne se laissera pas intimider par la violence !

Le Royaume Uni, est, n’oublions pas, un pays où le syndicalisme a été gravement attaqué par le “gouvernement Thatcher”. On voit le résultat des décennies plus tard : à plus le syndicalisme est faible, plus les droits des salariés sont attaqués, et plus les conditions de vie sont dégradées ! Ils ont quand même inventé le contrat de travail “zéro heures”
La CGT reste déterminée dans son opposition à la loi « travail » et pour l’obtention de droits nouveaux à l’image de son projet de code du travail du 21ème siècle. Plus que jamais, la mobilisation reste à l’ordre du jour.

Aujourd’hui, les sénateurs vont voter sur le projet de loi travail. Un texte qui a été largement modifié, avec des remises en causes supplémentaires contre les intérêts des salariés bien sûr. C’est pour cette raison que les 7 organisations syndicales de salariés et de jeunesses ont proposé une nouvelle journée de grèves et de manifestation pour remettre les centaines de milliers de votations au président de la République, ou aux préfets pour la province.

Pour cette 11ème journée de mobilisation, nous manifestons sous les fenêtres du Préfet, toujours pas fatigués, et toujours aussi déterminés. Une délégation lui remet les 6 000 votations exigeant le retrait de la loi et pour demander de nouveaux droits pour les salariés !
Au niveau national, ce sont 704 129 votants, dont 92% des votants qui sont pour le retrait de la loi travail.

Après plus de 4 mois de mobilisation nationale et au matin de la 11ème journée de mobilisation, un sondage Odoxa pour France Info, Le Parisien/Aujourd’hui en France et MCI révèle que 73% des Français trouveraient “choquante” une nouvelle utilisation du 49.3 par le gouvernement. Contre 71% en mai, c’est donc 2 % de la population supplémentaire. Comme quoi la mobilisation est utile, et doit se poursuivre !

Le gouvernement ne peut pas mépriser le peuple, les salariés et leurs représentants plus longtemps !
Le gouvernement a la responsabilité pleine et entière de trouver une issue à cette crise. Nous espérons que la rencontre qui aura lieu demain sera utile et constructive. Dans le cas contraire, Si le gouvernement reste sourd, elles appelleront à poursuivre la mobilisation durant le débat parlementaire, début juillet. Une nouvelle réunion unitaire est prévue demain.

Le texte revient à l’Assemblée dans une semaine, le 5 juillet. Ne lâchons rien, continuons à mobiliser et faire signer massivement la votation partout où ça n’a pas encore été fait. Et le 5 juillet sera peut-être une nouvelle journée d’action lors de laquelle nous en profiterons pour remettre les votations complémentaires.

Visons le million !!! Il nous reste 5 jours plus un week-end.
Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades, merci de votre attention et à très bientôt pour la suite…

Source : Rodolphe Bretin, Mâcon infos, 28 juin 2016

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