Malaise à l’hôpital, encore et toujours !… (Mâcon infos)

Ce mardi, jour de grève nationale, la CGT est revenu sur les conséquences des deux dernières lois promulguées pour l’hôpital (HPST et et loi Santé) tant sur les patients que sur les salariés. « Les deux sont intimement liés évidemment, l’épuisement des salariés impacte la qualité des soins prodigués. Cet épuisement est bien réel, sachez-le. On voit des agents écoeurés par le mépris de la direction qui, se faisant le relais efficace d’une ministre aux ordres de la politique de rigueur, réorganise à tour de bras les services de soin. Ces réorganisation se font avec des suppressions d’emplois. »
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Eve Comtet-Sorabella et Marie-Thérèse Perret (CGT)

Un mal-être plus qu’un malaise… entretenu par les ordres professionnels, « qui deviennent de véritables polices politiques. Chez les infirmiers, l’ordre continue d’exiger l’interdiction d’exercer pour les personnels non-adhérents. Ces ordres sont un outil d’affaiblissement des syndicats de salariés. »

Tarification à l’acte, intensification du travail, CDD et CDI qui se généralisent au détriment de la stagiarisation et de la titularisation, restructurations de services, disparition du pouvoir délibératif des salariés etc. le climat à l’hôpital est, on le sait, extrêmement délétère et préoccupant, l’administration misant sur la logique économique. « Lorsque Mme Touraine annonce la fin du trou de la Sécurité social, il faut bien avoir conscience que c’est sur le dos des patients et des salariés. Pour nous, c’est insupportable » réagissait Marie-Thérèse Perret.

« Je suis maintenant à la retraite, mais j’ai connu une époque où l’on améliorait la santé de la population sur le long terme. Aujourd’hui, on assiste à une inversion de cette tendance positive, c’est inacceptable. Sachez aussi que la durée moyenne d’une carrière pour une infirmière, c’est 8 ans. La plupart ne tiennent pas. Et forcément, cela a des conséquences sur l’évolution salariale. Il n’y a pas, ou quasiment pas de progression. Une infirmière perçoit 1 600€ en début de carrière, 2 400 en fin, si elle y arrive… »

Sur le plan de l’organisation territoriale, ce sont les établissements de Mâcon, Tramaye, La Clayette, Marcigny, Paray-le-Monal, Bourbon Lancie, Charoles, Cluny et Tournus qui se regroupent pour mutualiser les équipements, la logistique et le personnel selon une seule logique d’économie budgétaire et donc, une réduction de l’offre de santé publique, avec des délais plus long pour accéder au rendez-vous, ou de la route pour accéder aux service. Chacun en fait l’expérience désagréable dans sa vie. Si notre système de santé est encore l’un des meilleurs du monde, on aimerait qu’il le reste, et accessible à tous.

Source : Rodolphe Bretin, Mâcon infos, 11 novembre 2016

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