Intervention à l’occasion de la présentation du budget prévisionnel 2016 (audio et texte)

Monsieur le Maire, mesdames, messieurs,

Depuis notre débat d’orientations budgétaires de février dernier, l’actualité a mis en lumière des revendications légitimes de la jeunesse et des travailleurs en général.
En effet, à deux reprises au mois de mars, des centaines d’habitants de votre ville se sont rassemblés, et continueront à le faire demain même, pour défendre l’emploi et le droit du travail.

Je veux ici faire part non seulement de la solidarité, mais du total soutien du Front de Gauche qui est, par ses militants et ses élus, à leurs côtés jusqu’au retrait de cette loi.
En effet, ce n’est pas en facilitant le licenciement que l’on s’attaquera au chômage. Ce matin même, un sondage de Radio France et HEC rappelait opportunément que plus de 80% des cadres n’y croient pas ; un chiffre symbolique qui marque bien le décalage entre le gouvernement, la droite (qui trouve que cette loi ne va pas assez loin) comme le MEDEF et le peuple de France, cadres compris.

Rappelons en passant le silence du FN sur le sujet qui, comme sur chaque problème social, tient de grands discours électoraux jusqu’au moment où il faut passer aux actes, et où, là, ils se retrouvent aux côtés du patronat le plus dur et le plus libéral.

Je suis convaincue que ces luttes permettront d’avancer, et que les « nuits debout » lancées à Paris pourront trouver écho dans la France entière.

Vos propositions sont évidement, en droite ligne avec cette façon de décider d’en haut ce qui serait bien et bon pour les habitants.

Et, comme par hasard, cela demanderait des efforts, d’abord, aux petites gens.
Ainsi, vous appelez, au titre de la baisse des dotations (engagées rappelons-le en 2010 sous la présidence de M. Sarkozy) à faire des économies en limitant les emplois publics et en adaptant à la baisse les services rendus quand vous décidez de ne pas remplacer les congés maladie.
Parallèlement, vous proposez, « par nécessité », l’augmentation des impôts.
Qui frappez-vous dans ces deux mesures ? Les familles, les contribuables propriétaires-occupants ou locataires de leur appartement ou maison. Votre argument est qu’on ne peut rien faire d’autre.

Mais si Monsieur le Maire, faire autrement est possible :
Je vous propose d’abord, et de nouveau, de vous engager sur des démarches d’économies budgétaires que vous refusez, en reprenant en gestion publique les services aujourd’hui délégués tels l’eau et l’assainissement. C’était mon propos du conseil précédent, la ville a en régie publique certains services qui font la preuve de leur efficacité et de leur pertinence comme la cuisine centrale. Faire baisser le prix des services pour redonner du pouvoir d’achat aux Mâconnais, c’est possible.

Nous vous proposons parallèlement d’ouvrir un débat sur les excédents qui se cumulent année après année à la CAMVAL et au SITUM. Est-il légitime d’augmenter les impôts de Mâcon alors que la CAMVAL et le SITUM accumulent des excédents, faute de projets et d’opérationnalité ?

A l’opposé de cette démarche, nous maintenons, à Mâcon comme à la CAMVAL, la nécessité de rencontrer les habitants pour construire à ces deux échelles, appelant ainsi à de nouvelles ambitions dans les quartiers et les communes.
Arrêtons d’isoler ces deux approches, les habitants ne se découpent pas en tranches, ils sont en même temps habitants de la CAMVAL et de la commune.

La ville peut avoir les moyens de ces ambitions, avec l’agglomération et ses structures et ce ne sont pas les besoins qui manquent :

  • On citera la cuisine centrale et sa rénovation qui est sans doute nécessaire. Nous défendons une logique d’aménagement de chaque quartier. N’avons-nous pas intérêt, dans une ville comme la nôtre, à nous assurer que chaque quartier participe, pour sa part, à la ville entière ? Pour le Front de Gauche, il est intéressant de veiller à apporter, dans chaque quartier, un équipement pour la ville entière ? C’est aussi cela la mixité ; amener a MARBE le cinéma et le théâtre, pour y faire venir la ville entière. La cuisine centrale, elle aussi peut y participer son départ des Gautriats est un mauvais signal, sauf à ce que vous nous annonciez sur ce quartier un nouvel équipement d’importance, tel par exemple un centre de santé ?
  • On parlera aussi des enjeux de santé, où pourrait être réfléchi, avec l’ARS (Agence régionale de santé) et le département, le projet d’un Centre Municipal de Santé sur Mâcon, relayé par un réseau local pour les communes de l’agglomération plutôt que l’éparpillement prévu avec un pôle santé à Charnay, une maison de santé à Mâcon, établissements privés dont l’objectif ne me semble pas être l’accès aux soins de santé pour tous.
  • Et évidemment, je parlerai d’un vrai réseau de mobilité, intégrant des services renforcés du SITUM avec des projets de liaisons douces et de parkings locaux portés par chaque ville, dont Mâcon.
  • Les 203 000€ de dotation de la CAMVAL au titre du contrat de ville pourraient être employés au service de projets portés par les habitants de ces quartiers.
  • Et cela, bien sûr, en évitant de faire prendre en charge par la ville, les dépenses relevant pourtant de l’Etat. Ce qui sera le cas si vous réalisez la cité judiciaire. Avez-vous, Monsieur le Maire, un engagement écrit sur, au moins, le maintien de tous les emplois de la cité judiciaire dans les 5 prochaines années ? Ne pensez-vous pas que le financement proposé est un marché de dupes, dans le contexte d’une grande région où chaque ville essaye de « sauver les meubles » ? L’expérience du tribunal de commerce de Besançon assuré en 2015 par le ministère, et déplacé en 2016 vers Dijon, amène à s’interroger.
  • Et si j’approuve la réhabilitation du restaurant scolaire des Perrières et le gros entretien du patrimoine scolaire, je souhaite qu’il s’accélère.

Pour le Front de Gauche qui, à l’opposé d’une inquiétude financière ou de la nécessité de réduire les services, affirme la capacité d’une ambition et d’un projet nouveau pour Mâcon, la convivialité, la jeunesse et les exigences des manifestations récentes en parlent d’elles-mêmes.

Rendez-vous demain à 17h.

Eve Comtet Sorabella, élue municipale Front de Gauche, 4 avril 2016

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