Grève des agents hospitaliers (8/11/2016, JSL)

Au centre hospitalier, certains agents

sont au bord de la crise de nerfs

Isabelle travaille au centre hospitalier de Mâcon depuis 9 ans. Cette infirmière de nuit a vu ses conditions de travail se dégrader au fil des ans. « Dernièrement, nous avons subi une nouvelle restructuration, explique-t-elle. Désormais, dans mon service, il n’y a plus qu’une seule infirmière pour 33 patients la nuit. Auparavant, nous étions à deux. Naturellement, cela devient compliqué d’aller voir tous les patients. D’autant que les tâches administratives sont de plus en plus importantes ». Pour marquer son « ras-le-bol », Isabelle a décidé de faire grève, mardi.

« Les pressions sont quotidiennes »

Florence occupe quant à elle un poste au service tarification du centre hospitalier. Une tâche administrative importante, dans un contexte où l’hôpital cherche à réaliser des économies pour retrouver l’équilibre budgétaire.

« Les pressions sont quotidiennes, relate-t-elle. Nous avons des quotas de dossiers à réaliser tous les jours. Et chaque dossier correspond à une certaine somme d’argent. Désormais, on ne gère plus des patients mais des clients. » Les agents des services hospitaliers ressentent également cette pression. « Les ménages sont chronométrés entre deux opérations », pointe l’une d’elle.

Pour les agents, la dégradation des conditions de travail est la conséquence de « la baisse des effectifs ». Selon le syndicat Force ouvrière, « une cinquantaine de postes ont été supprimés ces deux dernières années à Mâcon ». « Et cela devrait se poursuivre », enrage Gérard Goutéraud, représentant du personnel. « Pour pallier le manque d’effectifs, nous multiplions les astreintes », commente Alain, manipulateur radio, lui aussi en grève mardi.

Pour tous ces agents, le « mal-être est profond à l’hôpital ». Un sentiment ressenti également par les représentants syndicaux. « Régulièrement, des agents arrivent à la permanence en pleurs, indique Gérard Goutéraud, du syndicat FO. À Mâcon, l’absentéisme est en augmentation. On constate de plus en plus de burn-out. Quant aux droits sociaux des agents, ils sont régulièrement attaqués. »

« L’offre de soins se réduit »

« Les agents sont épuisés », ajoute Ève Comtet-Sorbella de la CGT, qui dénonce également la part croissante du nombre de contractuels et la fermeture de services, comme celui de diabétologie de semaine.

Pour ces représentants du personnel, les « mesures d’austérité » ont des conséquences sur l’offre de soins. « À la maternité, nous sommes passés de 46 à 38 lits, pointe Ève Comtet-Sorabella. Sur notre territoire, plusieurs établissements (NDLR : Mâcon, Tramayes, La Clayette, Marcigny, Paray-le-Monial, Bourbon-Lancy, Charolles, Tournus) se regroupent dans une logique d’économie budgétaire. Conséquence, l’offre publique de soins s’éloigne des habitants et les délais sont plus longs pour obtenir un rendez-vous. »

Note Contactée par Le Journal de Saône-et-Loire , la direction du centre hospitalier de Mâcon n’a pas souhaité réagir.

Source : Adrien Wagnon, Journal de Saône-et-Loire, 9 novembre 2016

Photo de Une : Adrien Wagnon

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