Grèce : Vote au Parlement (22-23/07/15)

Le Parlement vote un second volet de réformes exigées par les créanciers

Les députés grecs ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi à une très large majorité le deuxième train de réformes réclamé par les créanciers d’Athènes en échange de l’ouverture de négociations sur un nouveau plan d’aide, qui devraient s’ouvrir vendredi.

Selon le décompte final, 230 députés – sur un total de 298 présents – ont voté pour l’adoption d’une réforme de la justice civile et la transposition d’une directive européenne sur les banques, 63 ont voté contre, et 5 se sont abstenus. Un calcul non définitif établit à 31 le nombre de députés ayant voté non dans les rangs de Syriza contre 32 la semaine dernière auxquels s’étaient ajoutées 6 abstentions et une absence. Les premières mesures -hausse de taxes et de cotisations- exigées par les créanciers avaient été adoptées la semaine dernière par 229 voix sur les 300 de l’Assemblée.

Le Premier ministrer Alexis Tsipras s’est dit mercredi soir déterminé “à ne pas abandonner le bastion” du gouvernement et à continuer “la bataille” pour améliorer les conditions du plan d’aide conclu avec les créanciers auquel il a répété “ne pas croire”. “La présence de la gauche au gouvernement est un bastion pour la défense des intérêts du peuple et ce bastion, il n’est pas question que je l’abandonne volontairement”, a déclaré Tsipras alors que certains prédisent des jours difficiles à sa majorité parlementaire et gouvernementale touchée par les défections de plusieurs de ses membres opposés à l’accord passé avec les créanciers. “Nous ne serons pas des lâches et nous mènerons avec détermination les batailles que nous avons devant nous”, a ajouté le Premier ministre face aux parlementaires. “Nous avons été contraints à un difficile compromis (…) Nous avons été aux limites de notre économie et de notre système bancaire et aux limites de l’Europe où dominent des forces conservatrices obsédées par l’austérité”, a dénoncé Alexis Tsipras à la tribune répétant que son gouvernement devra appliquer un accord “auquel nous ne croyons pas”. Mais, “nous allons exploiter toutes les possibilités d’alliance en Europe, et les divisions, pour améliorer le texte final de l’accord (…), a-t-il promis. Il a mis en exergue le principal acquis, selon lui, de la laborieuse négociation qui a abouti le 13 juillet: “la question ne se pose plus de savoir si on va restructurer la dette publique du pays mais jusqu’où on va la restructurer”, a-t-il estimé, alors que cette question sera au coeur des négociations à venir.

Après ce vote du parlement, les négociations sur le troisième plan d’aide, qui pourrait s’élever à 86 milliards d’euros, devraient s’ouvrir comme prévu vendredi entre Athènes et les créanciers.

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Source : Humanité avec agences, 23 juillet 2015

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