La « France insoumise » dans les cités marseillaises

Après avoir traversé le pays d’est en ouest, la « caravane Mélenchon », puisqu’il est coutume de l’appeler ainsi, a fait une halte de quelques jours à Marseille pour aller à la rencontre des habitants des cités dites les plus sensibles. Un choix mûrement réfléchi et assumé.

Air Bel (11e) en a été la première étape. Tant les griefs des habitants, l’insalubrité de leurs logements ne cessent de défrayer la chronique. Mépris de la part des bailleurs sociaux, sentiment d’abandon. Ensuite, la Busserine (14e), désormais sous le joug du maire FN des 13e et 14e arrondissements, qui se fait un point d’honneur à détruire tous les instruments de lien social qui y sont ancrés. Puis, la cité Félix-Pyat (3e), réputée être l’un des plus importants pôles de pauvreté de Marseille. Et enfin, vendredi, la Castellane (16e), autre cité vivant au jour le jour une politique de l’autruche qui consiste à ne voir les problèmes vécus par les habitants qu’à travers les faits divers dont ils font régulièrement l’objet.

Ce qui motive la présence ici des animateurs de cette caravane n’est pas une opération de racolage pour un homme providentiel ni pour un parti de plus qui promettrait, moyennant quelques voix déposées dans les urnes, un avenir radieux. « La France insoumise, c’est un mouvement », précisent ses animateurs aux citoyens qui viennent s’enquérir de la présence de ce stand à l’entrée de la cité la Castellane.

Démocratie citoyenne

Ce citoyen d’origine comorienne, à la djellaba blanche immaculée, en ce jour de grande prière, a pris le temps de s’arrêter pour engager une discussion avec Juliette, Florent et Valentin. Il se dit « fatigué des visites, à l’heure des grandes consultations électorales, de politiciens qui ne mettent jamais les pieds dans la cité ».

Il s’avoue aussi étonné que l’on ne lui propose aucune carte de parti. Mais simplement une incitation à s’inscrire sur les listes électorales et à réfléchir sur une autre façon de s’engager qui tienne réellement compte de sa réalité quotidienne. « C’est d’ailleurs l’un des axes essentiels de cette campagne, poursuit Juliette.

Durant toute celle-ci, nous sommes allés à la rencontre des gens les plus démunis. Proposer un espace de dialogue pour qu’ils aient conscience de leurs droits. Les faire respecter est pour beaucoup d’entre eux une source de tracas. A quoi peuvent-ils prétendre, à quelle administration s’adresser ? Nous ne faisons pas les démarches à leur place mais les aidons à trouver la bonne direction. »

Lors de ces visites aux citoyens des cités, aucun rejet, mais plutôt des questions autour de cette démarche citoyenne. La caravane a quitté Marseille, pour Arles puis Montpellier, avant que de rejoindre, le 28 août, Jean-Luc Mélenchon à Toulouse. Car il y a bien sûr une campagne électorale à la clef.

Source : Gérard Lanux, La Marseillaise, 21 août 2016, via On n’est pas des moutons
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