Elections municipales 2014 à Mâcon

Débat télévisé France 3 avec le JSL
L’attractivité face au social

Article du Journal de Saône-et-Loire du 23/02/2014 | Florent Muller

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Les candidats mâconnais se sont affrontés sur l’économie, la sécurité et l’attractivité de la ville. Photos F. M.


Jean-Patrick Courtois (UMP-UDI), Jacques Boucaud (PS, PRG, MRC) et Ève Comtet-Sorabella (Front de gauche) étaient invités à débattre ce samedi matin. Tout comme Corinne Massire (FN), qui a préféré consacrer son temps à établir sa liste.

Les candidats à la mairie de Mâcon ont été invités à réagir sur de nombreux sujets tels que les impôts, l’emploi, la sécurité, l’isolement de la ville, la paupérisation des quartiers et la désertification du centre-ville.

Les motivations

Jean-Patrick Courtois : Quand je suis arrivé en 2001, j’ai trouvé la ville enfermée sur elle-même, avec deux zones industrielles vides, sans grands équipements collectifs. Je ne souhaite pas que la ville retombe dans une léthargie et que les efforts que nous avons faits ne servent à rien.
Jacques Boucaud : En parcourant cette ville depuis un an, j’ai constaté un centre qui se paupérise, des quartiers abandonnés et une ville qui ne tient pas son rôle dans le bassin de vie. Lorsque l’on est de passage dans la ville, nous observons une belle vitrine, mais il faut passer derrière. Dans les quartiers, ce n’est pas aussi reluisant que cette façade.
Ève Comtet-Sorabella : C’est le fruit d’une expérience militante de nombreuses années. Nous effectuons très souvent des réunions publiques. Nous avons observé que la ville se paupérise et que les équipements réalisés par le maire ne sont pas très utilisés par les habitants. Nous voulons les faire participer au développement de la ville.

Impôts

Tous les candidats ont promis de ne pas les augmenter. La question était alors de savoir où les économies seraient faites.
E. C.-S. : Il y a des postes moins importants en ville sur lesquels nous pouvons faire des économies, comme le centre équestre. Faire du cheval ne fait pas partie des préoccupations de la population, en revanche, la santé l’est. C’est pour cela que nous voulons créer un centre municipal de santé (1).
J. B. : Si la ville est bien gérée, c’est que l’héritage de Rognard était sain. Cependant nous ne voulons pas axer les dépenses sur des équipements tels que le centre équestre, mais plus sur des aspects sociaux tels que le logement, le lien social..
J .-P. C. : Depuis 2001, nous avons baissé les impôts. La population est soumise à un matraquage de la part du gouvernement et souffre. Nous avons reçu à Mâcon la note de AAA pour notre gestion financière et nous n’avons pas d’emprunts toxiques (2). Nous allons continuer sur cette lancée. Pour le centre équestre, il a coûté 3.6 millions avec 65 % de subventions. Les manèges sont loués tout l’hiver et attirent du monde. Le centre a déjà reversé 60 000 € à la ville de Mâcon. Il participe d’une manière globale à l’attractivité de la ville, ce qui permet d’attirer des entreprises et de développer l’économie.

Les quartiers

J. B. : La rénovation du quartier de Marbé est une bonne chose, mais encore une fois, Mâcon ne se résume pas au Nord-vitrine. Il y a tous les autres quartiers comme les Saugeraies et les Gautriats sur lesquels il y a de nombreux chantiers à faire.
J.-P. C. : Pour les quartiers, encore une bonne nouvelle, j’étais mardi au ministère de la ville. Nous allons avoir deux quartiers, les Gautriats-Saugeraies et la Résidence-la Chanaye qui vont être reconnus en zone urbaine sensible. Cela nous permettra de présenter en septembre la candidature de Mâcon pour faire une ANRU bis pour faire la même chose qu’à Marbé.

Emploi

E. C.-S. : Il faut soutenir les entreprises existantes et les salariés. Nous souhaitons être aux côtés de la population qui veut travailler à Mâcon. Pour les commerces, il y a un problème au niveau du coût des loyers, qui sont beaucoup trop chers. Cela empêche des commerces de s’installer et les habitants n’ont pas le niveau de vie pour faire leurs achats dans ces magasins.
J.-P. C. : La situation est encore grave mais dans notre région, cela va moins mal qu’ailleurs. Il faut continuer la politique que l’on a menée d’accueil des entreprises qui viennent de l’extérieur et aider les entreprises qui sont à Mâcon. Nous avons un tissu industriel important avec notamment Itron (3) et Joker. Notre politique portera demain ses fruits. Dans le centre, nous allons préempter sur des fonds de commerce pour aider des nouveaux commerçants à s’installer.

Chauffage

E. C.-S. : Pour redonner du pouvoir d’achat aux Mâconnais, nous devons réduire les charges de logement. Le chauffage est un point important. Nous voulons créer plusieurs sites de chauffage collectif sur Mâcon et en reprendre la régie publique, qui éviterait une nouvelle augmentation des tarifs. De même pour l’eau.
J. B. : Nous étudions actuellement le surcoût du chauffage. Il coûte actuellement 40 % de plus que dans des villes de même taille. Pour un appartement moyen, cela représente environ 500 € sur une année, c’est énorme. Pourquoi pas avec des centrales plus petites. Mais nous devons travailler également sur l’isolation thermique et phonique. Il y a des tas de chantiers à mener et Mâcon a pris 35 ans de retard sur ce point.

Sécurité

J. B. : La vidéosurveillance ne sert à rien. Mon père a été agressé devant une caméra récemment et la police lui a dit qu’elle n’avait pas d’image. Nous voulons relancer un conseil local de prévention de la délinquance et remettre de l’humain sur le terrain, en augmentant notamment la présence de la police municipale et en remettant des concierges et des médiateurs.
E. C.-S. : Nous observons une vacuité de la présence humaine dans nos rues, nous voulons remettre des médiateurs et des animateurs dans les quartiers. Il faut occuper les jeunes. La vidéosurveillance représente un coût énorme (4) et n’est pas créatrice d’emplois. Nous voulons favoriser l’humain et l’animation et recréer du lien social.
J.-P. C. : Partout où nous avons mis des caméras, nous avons observé une baisse de la délinquance (5). Nous allons poursuivre cette politique et étendre le réseau de vidéosurveillance.

(1) voir ici et 
(2) pour une analys plus précise voir Les emprunts
(3) à propos d’Itron
(4) une caméra de vidéosurveillance, dont l’utilité est quasiment nulle s’il n’y a pas une présence humaine prête à intervenir, coûte environ 20 000 euros (l’Etat pouvant apporter une aide) et son coût de fonctionnement annuel oscille entre 3 et 4 000 euros. Quand M. Courtois déclare (La Renaissance du 31 janvier 2014) que 35 caméras fixes sont installées à Mâcon (ayant permis l’élucidation de 6 vols) et qu’il y en aura bientôt 52… faites le calcul !
(5) une affirmation péremptoire pour le moins douteuse puisque :
a) mis à part dans les transports publics et les espaces clos (parkings), la vidéosurveillance n’entraîne pas d’évolution sensible sur le terrain de la prévention ; au maximum 3% des affaires sont élucidées grâce aux caméras,
b) pas un élu, pas une commune n’est capable de fournir la preuve de résultats. En France, on commence à peine à élaborer des guides d’évaluation ; pour le moment, il n’y a ni chiffres, ni statistiques, ni rapports qui permettraient de vérifier du bon usage des fonds publiques, c’est-à-dire de l’argent de nos impôts.

Pour aller plus loin : “Sécurité, pourquoi elle est devenue un enjeu politique majeur”, conférence tenue le 13 février 2014 à la MJC de l’Héritan, par Eric Heilmann, sociologue, professeur à l’Université de Bourgogne, spécialiste des usages policiers des technologies de l’information.

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