Conflit israélo-palestinien : Troisième rassemblement à Mâcon

Samedi avait lieu place Saint Pierre une nouvelle manifestation organisée par le collectif Mâconnais de soutien au peuple palestinien.GAZA2AOUT02 Mâcon infos Bruno Larran, Mâcon infos, 03 août 2014

Le collectif comprend la Coordination des Groupes Anarchistes, la Ligue des Droits de l’Homme, le Front de gauche, Europe Ecologie Les Verts, Attac, le Parti communiste français, le Parti de Gauche, Artisans du monde, AMI, ACSE et l’AIAPEC avec Jean-Paul Delpuech. Celui-ci s’est indigné “Devant l’indifférence générale face aux massacres qui sont en train de se produire, la surdité qui semble toucher les politiques de tous bords, des pays occidentaux et notamment l’Europe et les Etats Unis qui arment Israël, Israël qui viole allègrement et sans conséquence les résolutions des Nations-Unies”.

Plusieurs intervenants ont pris la parole pour dénoncer le positionnement de François Hollande et de Manuel Walls lors de leurs discours respectif : “Ce même Manuel Walls qui en 2002 manifestait en faveur du peuple Palestinien, et qui en 2014 semble avoir fait allégeance à Israël.” Le représentant de la Coordination des Groupes Anarchistes explique les enjeux “Cette guerre politique interne à Israël est surtout financière, sous couvert de chasser les terroristes, relayé et soutenu par les grand groupes de média Français.”

Comment parler de cette guerre dans un esprit de paix lorsque, comme nous l’explique le témoignage d’une bénévole d’une ONG à Gaza : “Sans électricité, l’eau n’arrive pas, les secours rencontrent des difficultés, la nourriture manque… Des enfants se font tuer (le bilan fait état de 1500 morts dont 250 enfants).”

“Aujourd’hui, nous exprimons la colère, la souffrance, la douleur d’un peuple pour que chacun ait le droit de vivre dans la paix”. S’il y avait moins de monde que les samedis précédents, les mots étaient percutants et forts, les banderoles, les drapeaux et les convictions étaient bien là : “Toutes les guerres sont atroces. Non aux guerres, et Non à l’indifférence” Une lettre écrite par le collectif et signées par les organisations a été portée à la préfecture à l’issue du rassemblement.

Extraits des témoignages lus lors du rassemblement

Militant anonyme pour les droits humains – Gaza

“J’essaie de rester à l’écart des zones où les combats ont lieu. De toute façon, l’armée israélienne en interdit l’accès. Aucun véhicule n’est à l’abri d’une attaque.L’autre jour, une attaque de drone a détruit ce qui était clairement une ambulance.

C’est lorsque je suis dehors, en train de prendre des photos et de poser des questions aux gens qui vivent dans les zones visées que je suis le plus en danger. Dans ces cas-là, on a l’impression que chaque maison où l’on se trouve pourrait être la prochaine à être bombardée. Mais j’ai la conviction que mon travail est important.Quel que soit le risque, il est essentiel que la vérité soit rendue publique.

La semaine dernière, le cas de la famille Abu Jame, de l’est de Khan Yunis, m’a vraiment secoué. 25 membres d’une même famille ont été tués lors d’une frappe aérienne israélienne, effectuée pendant l’Iftar, le repas du soir marquant la rupture du jeûne du Ramadan. Je suis arrivé sur place le lendemain matin, quelques heures à peine après l’explosion. Ils ont extrait des corps des décombres toute la nuit. Il y avait tellement de petits. Alors que j’étais sur place, un autre missile est tombé non loin de là.”

Témoignage de Montasser Mohammed de Gaza – Beit Hanoun

Désormais je suis au centre de Gaza, j’ai trois heures d’électricité par jour au maximum, de l’eau tous les deux jours.

Hier, 25 juillet, les blindés ont fait un massacre à Beit Hanoun en visant une école de l’UNRWA. La Croix rouge a demandé aux civils qui fuient les bombardements de se regrouper dans la cour de l’école. L’armée israélienne a ouvert le feu sur ces réfugiés, tuant seize personnes et faisant deux cents blessés.

L’armée israélienne essaie d’expulser tous les habitants de Beit Hanoun, et hier soir ils ont bombardé l’hôpital de Beit Hanoun aussi. Vendredi soir, ils ont annoncé une trêve humanitaire pour le samedi 26 juillet.

Mes parents ont décidé d’aller à Beit Hanoun pour vérifier l’état de notre maison. Ils ont eu un choc : la plupart des maisons ont été rasées, des quartiers entiers ont disparu, notre maison criblée par les impacts des obus. Un missile a touché les escaliers, car les Israéliens savent que c’est l’endroit le plus sûr des maisons où l’on se réfugie au moment des bombardements. Il n’y a plus de fenêtres ni de portes, au plafond il y a un grand trou. Une seule chambre est restée intacte, toutes nos affaires sont hors d’usage, déchiquetées par les balles et les obus.

Quand j’ai posé les pieds à Beit Hanoun, je n’ai rien reconnu. Les maisons de mes amis, de mes proches, tout était pulvérisé, parti en fumée. Comme si cela n’avait jamais existé. Mais ce qui est sûr c’est que nous allons tout reconstruire, que nous allons revivre malgré toutes ces attaques, que nous allons de nouveau rire en dépit de tous ces chagrins, parce que nous les Palestiniens avons inventé l’art de durer, l’art de résister, l’art de persister, l’art de rêver

,