Communiqué des députés Front de gauche

Projet de loi travail : on ne négociera pas le niveau de précarité

Après un mois de mobilisation, le projet de loi travail a été présenté ce jeudi 24 mars en Conseil des ministres.

Les députés du Front de Gauche confirment leur demande de retrait de ce texte régressif qui marque un recul historique pour les protections des travailleurs et une méconnaissance des réalités du monde de l’entreprise.

Les aménagements en trompe l’oeil apportés à cette réforme le 15 mars suite à un dialogue de façade ne sauraient faire oublier la philosophie générale de ce texte.

L’inversion de la hiérarchie des normes sociales, dont l’expression est la toute puissance de l’accord d’entreprise, reste le pivot essentiel de cette réforme. Parallèlement, les dispositions relatives au licenciement économique comme celles sur le référendum d’entreprise consacrent l’affaiblissement des protections individuelles et collectives dont le Code du travail est le garant.

A l’inverse, les contreparties en termes de sécurité pour les salariés sont toujours absentes. Le compte personnel d’activité ne peut en rien être comparé à la mise en place d’une sécurité sociale professionnelle, pourtant devenue essentielle pour faire face aux nouveaux défis économiques et sociaux.

Que valent deux pages d’amélioration contre 130 pages de régressions sociales ?

Loin de simplifier le droit du travail et de créer des emplois, cette réforme aura pour conséquence un éparpillement du droit du travail et une mise en concurrence généralisée entre les salariés, les chômeurs et les précaires.

Bien décidés à ne pas se soumettre à une simple négociation du niveau de précarité, les députés du Front de Gauche prolongeront la mobilisation de la rue par la bataille parlementaire. Nous porterons devant l’Assemblée nationale des propositions alternatives fortes pour conquérir de nouveaux droits sociaux.

Source : L’Humanité, 24 mars 2016

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