CAMVAL : « Développer et maîtriser » (JSL)

Débat d’orientation budgétaire et projet de mandature ont été discutés, jeudi soir au Parc des expositions par les conseillers communautaires de l’agglomération.

« Préserver l’équilibre entre l’urbain et le rural ». Le président de la Camval, Claude Patard, insistait sur ce point alors qu’il entamait, jeudi soir, une réunion importante de la Camval. Le conseil communautaire avait, en effet, à se prononcer sur le débat d’orientation budgétaire (DOB) et sur le plan de mandature 2014-2020.

Avec « une baisse de 855 000 € à prévoir » en 2015, Dominique Deynoux, qui présentait les grandes lignes du DOB, insistait donc sur les leviers à actionner pour faire des économies. Réduire les charges à caractère général, maîtriser la masse salariale, adapter les tarifications des infrastructures… Et « un recours à certains leviers fiscaux », comme l’augmentation d’un point du taux de TEOM. « Le plan de financement présenté s’appuie sur des leviers fiscaux. Vu le nombre de communes qui vont devoir augmenter leur recette fiscale, si on cumule les deux, on ne va pas se faire des amis », s’inquiétait Gérard Guillet, de Saint-Maurice-de-Satonnay, comme d’autres élus à l’image d’Eve Comtet-Sorabella : « D’autant plus que vous avez augmenté les indemnités des élus, ce qui représente 6 000 € en plus. »

Patrick Monin, maire d’Azé, faisait quant à lui remarquer « qu’on est en train de diminuer les dépenses alors que l’État favorise le développement au niveau local. Je ne vois pas de nouvelles compétences ? Il y aurait peut-être une réflexion sur l’eau et l’assainissement, ou même le grand absent du haut débit. » Claude Patard, souhaitant clore le débat, remarquait que « personne n’est vraiment pour la hausse des impôts, mais tout le monde veut qu’on fasse des choses. »

La Camval a projet de construction de cuisine centrale en lieu et place des anciens abattoirs, dans le quartier de La Chanaye à Mâcon. Photo d’archives Fernand Ribeiro

La Camval a un projet de construction de cuisine centrale en lieu et place des anciens abattoirs, dans le quartier de La Chanaye à Mâcon. Photo d’archives Fernand Ribeiro

Des projets pour 32 millions d’euros

Dans la foulée, l’assemblée devait statuer sur le projet de mandature 2014-2020, qui présente une enveloppe de plus de 32 millions d’euros pour des projets tournant autour de quatre axes : une agglomération productive, une agglomération solidaire et créative, une agglomération durable et équilibrée, et une agglomération organisée. Les membres de l’exécutif ont alors pris la parole pour brièvement expliquer les projets plus ou moins actés. 3 000 000 € pour l’aménagement de nouvelles zones d’activités économiques dans les petites communes, des travaux à la piscine de Mâcon, des travaux dans les déchetteries… « On va déterminer au fil de l’eau l’autofinancement et la part de financement extérieur. 21 000 000 restent à financer », a insisté le président, confirmant les propos d’une élue (l’élue en question est Eve Comtet Sorabella, Front de Gauche Ndw) : « Si on ne fait rien, on ne sera pas crédible. »

Un listing qui, pour Patrick Monin, ne donnait pas assez de place au patrimoine et aux problématiques rurales, prenant l’exemple de la requalification du site d’Azé. « Nous faisons fonction du budget, a répondu Claude Patard. Il faut se demander si c’est une priorité pour la Camval… » La réponse étant non. Avec douze abstentions, le projet de mandature a été approuvé.

Mais il laisse semble-t-il sceptique les représentants des communes rurales « d’opposition » sur la préservation de l’équilibre promis. Pour preuve l’avenant au marché de collecte des déchets ménagers et assimilés du centre-ville de Mâcon. À cause des travaux des places Carnot, Cordeliers et Emile-Violet, les camions bennes de 19 tonnes ne pouvant plus passer, la société Onyx doit s’équiper d’un véhicule de gabarit inférieur. pour un coût de 2 700 € HT par mois. Les uns comme Dominique Jobard ou Stéphane Guiguet, s’interrogeant sur le fait « que la Camval paye pour les travaux de la ville de Mâcon », les autres comme Patrick Monin demandant « qu’on puisse rouvrir des discussions pour les communes rurales ». « Il y a un bureau qui prend ses décisions », a seulement commenté le président. Avenant voté avec 13 voix contre.

Source : Fanny Dutel-Pillon, Journal de Saône-et-Loire, 14 février 2015

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