CAMVAL (02/07/15) : Eve Comtet Sorabella à propos du contrat de ville (audio)

Au-dessous, la version audio de l’intervention d’Eve Comtet Sorabella.

Le contrat de ville, c’est finalement le souhait d’une meilleure répartition des richesses. C’est donc reconnaître que cette répartition est très mal faite et c’est ce que nous disons au Front de Gauche.

Mais avec le Pacte de compétitivité et la loi Macron, force est de constater que la répartition des richesses consiste plutôt à prendre à ceux qui ont déjà bien peu en maintenant les salaires et les retraites au plus bas pour redistribuer à ceux qui font de la spéculation boursière le cœur de leur métier. Dans le contexte de réduction des dépenses de l’Etat, soumis qu’il est au traité de Stabilité de Convergence et de Gouvernance adopté en 2012 grâce aux voix des parlementaires de droite comme du PS, notamment celles en direction de ceux qui en ont le plus besoin par l’affaiblissement des services publics par exemple, ce contrat de ville affiche des ambitions louables, nécessaires mais sans précisions réelles sur les moyens financiers qui y seront affectés.

On sait tout de même que le public concerné est en forte diminution par rapport au précédent contrat. On passe en effet de plus de 16000 habitants à environ 6800 pour le contrat 2015-2020. Les habitants ne se sont pas enrichis dans la période mais par soucis d’économie, ce ne sont vraiment que les habitants dans la plus grande misère qui vont bénéficier d’aides en baisse. L’austérité n’est assumée ni par la droite ni par le PS, car disent-ils « l’austérité, c’est quand on diminue ou supprime les sommes allouées ». Et bien nous y sommes : c’est bien une baisse des sommes attribuées et du nombre d’habitants éligibles qui sans avoir vu leur situation s’améliorer ne bénéficieront pas des aides dont ils ont pourtant besoin.

Les piliers du contrat de ville font vraisemblablement consensus, en effet, comment y être opposé. La sensibilité politique, par contre, ne proposera pas les mêmes solutions aux enjeux, ni même tout à fait les mêmes priorités. Par exemple, pour le Front de Gauche dans le pilier cohésion sociale, la promotion de la santé se ferait par la création d’un Centre de Santé Communautaire avec des antennes localisées sur chaque quartier avec l’atout d’un accès à une offre publique de soin de médecine de ville mais aussi l’accès à une équipe pluridisciplinaire de professionnels de santé, ceci sans avance de frais. Voilà un véritable outil d’éducation à la santé et de prévention soutenu par la population ainsi que par les professionnels de santé qui y voit un projet capable de proposer une pratique différente du soin organisée autour des usagers pour les usagers. Le projet Front de Gauche de centre de santé communautaire s’approche beaucoup plus de l’intérêt général qu’une ou plusieurs maisons de santé.

Sur le pilier égalité et citoyenneté, la notion d’égalité entre les femmes et les hommes n’apparaît pas clairement tout comme la lutte contre les discriminations et l’homophobie.

Le pilier développement de l’activité économique et de l’emploi ne fait pas mention du renforcement du nombre de place en crèche alors que le diagnostic met en avant un manque qui constitue un frein évident à l’accès à l’emploi notamment pour les femmes et les familles monoparentales. D’ailleurs, compte tenu de l’absence de référence à l’égalité femmes-hommes, je m’interroge sur la parité au sein des ateliers urbains permanents qui me paraît être une nécessité absolue pour aboutir à un projet cohérent prenant en considération les besoins de la moitié des habitants des quartiers ciblés politique de la ville. C’est pourquoi je demande que conformément à la Charte européenne des femmes dans la cité, une transparence totale soit faite sur la composition des différents ateliers et que la mixité soit requise.

Sur le pilier cadre de vie et renouvellement urbain, les enjeux en matière de transport consistant à renforcer la desserte en transport en commun vers le centre ville, favoriser les liaisons intra-quartier et avec le reste de la ville sont en opposition avec l’avenant n°11 adopté par le SITUM le 20.01.2015 qui prévoit la baisse de la fréquence des bus dans les quartiers périphériques au centre tout en triplant un parcours au centre-ville par une navette, ce qui rend assez peu crédible la volonté de mener à bien ce contrat de ville, d’ou la proposition du Front de Gauche d’élaborer un véritable projet de transport urbain pour le territoire du SITUM.

La convention régionale de cohésion sociale affiche de telles ambitions que l’on se demande bien à quoi cela aboutira avec le faible montant des sommes allouées (voir point 5.2.3 de la convention cadre.) L’Etat et le Département n’ont pour l’heure pas pris d’engagement et concrètement, le contrat de ville présenté ne nous dit pas quelle sera la contribution solidaire de la CAMVAL au coté des habitants des quartiers pauvres ?

D’autre part, je pose la question des populations des zones rurales qui composent la moitié des habitants de la CAMVAL et qui pour certain d’entre eux ont les mêmes caractéristiques de revenus que les populations urbaines, des dispositifs de solidarité existent-ils pour ces habitants ?