Après le 15 novembre : Montrer qu’une alternative est possible (Humanité)

Pour les partis de gauche, le 15 est « un point de départ »

Les responsables des formations politiques qui ont défilé contre l’austérité, samedi, veulent poursuivre l’action commune et le débat sur l’alternative à construire.

Le 9  novembre, à Montreuil, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, avait appelé les écologistes et les socialistes contre l’austérité à passer du « constat » à « l’action et à la construction » communes. Une semaine plus tard, où en est-on, après les manifestations de samedi où des membres de toutes les familles de la gauche (Front de gauche, NPA, Nouvelle Donne, socialistes – mais sans les « frondeurs » –, écologistes, syndicats, associations) ont fait banderole commune ?

Pour Liêm Hoang-Ngoc, ex-eurodéputé PS, « l’action très ‘responsable’ des frondeurs n’est pas entendue sous la Ve République. Il est clair que l’abstention fait passer les budgets d’austérité. Nous en appelons donc au peuple pour que le président de la République prenne ses responsabilités ». « Il faut poursuivre la mobilisation, le changement de politique est inévitable », veut croire aussi Jérôme Gleizes, d’EELV. « Pour l’instant, il n’y a pas de majorité alternative au Parlement, cela pose un problème », relève de son côté Clémentine Autain. Pour la porte-parole d’Ensemble, « la seule façon de le résoudre, c’est de créer une autre proposition politique à gauche. Il faut marcher sur nos deux pieds : continuer à contester et, en même temps, bâtir peu à peu l’alternative ». « Les frondeurs sont dans une impasse, poursuit-elle. Je comprends qu’ils aillent au bout de leur logique, mais (s’ils échouent au congrès du PS en 2015 – NDLR), ils seront au pied du mur. Et alors, notre porte sera ouverte. »

En attendant, Pierre Larrouturou, de Nouvelle Donne, invite chacun à « montrer qu’une politique de progrès social est possible en 2017 ». « Soit on évite les sujets qui fâchent, et on produit de l’eau tiède en se contentant de répéter ‘non à l’austérité’. Soit on prend six à neuf mois pour bâtir un projet à partir de nos objectifs partagés », résume-t-il. « Maintenant, il faut que le peuple arrive pour montrer qu’une alternative s’ouvre », affirme quant à lui Éric Coquerel, coordinateur du Parti de gauche. « Des Français descendent dans la rue en permanence. Le problème, c’est de les faire converger, estime Pierre Laurent. Ces manifestations (de samedi) sont un point de départ, un signal : il faut un mouvement permanent de lutte contre ces politiques d’austérité, jusqu’à obtenir leur suppression. »

Sébastien Crépel, Humanité, 17 novembre 2014

Photo de Une : Thomas Samson AFP

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