Août 2014 : Réactions des composantes du Front de Gauche

Communiqué de Ensemble, 27 août 2014

La finance aux postes de commande de l’économie !

En passant de l’ombre à la lumière, la nomination d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie symbolise crument la soumission de la politique de F. Hollande et de M. Valls aux exigences de la finance et du Medef. Nul doute que P. Gattaz fera un excellent accueil à M. Valls à l’université d’été du Medef.

Avec ce fervent partisan du CICE et du pacte de responsabilité, le gouvernement Valls 2 renforce la politique libérale et austéritaire, aux antipodes des espoirs nés de la défaite de Sarkozy.

Il renie les engagements de campagne du candidat Hollande qui déclarait alors que la finance était une ennemie.

Cette fois-ci, c’est assumé, la finance est aux poste de commande.

Les déclarations de M. Valls sur la France qui vit au-dessus de ses moyens sont identiques à celles que la droite tenait lorsqu’elle était au pouvoir : les dépenses publiques sont directement dans le viseur.

Toutes les têtes qui dépassaient ayant été coupées, en panne d’élargissement, ce gouvernement voit sa base fortement rétrécie.

Les députés et sénateurs qui affirment refuser la politique d’austérité responsable des dégâts sociaux actuels ne devront pas accorder la confiance à ce nouveau gouvernement.

Le Front de gauche a de grandes responsabilités à assumer : être le ferment du rassemblement le plus large en faveur d’une politique alternative sociale, démocratique et écologique.

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Déclaration de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, 26 août 2014

Valls II : Une politique plus droitière que jamais

La démission du gouvernement Valls, cinq mois après son entrée en fonction était un premier et terrible constat d’échec. La liste du gouvernement Valls II en est un second, tout aussi éclatant. Avec une équipe toujours plus étroite politiquement et une politique annoncée plus droitière que jamais, symbolisée par l’arrivée d’Emmanuel Macron, homme-clé des banques et de la finance, l’exécutif s’enfonce dans une impasse dangereuse pour la France.

La politique Hollande-Valls n’obtient aucun résultat. Les causes sont connues : une austérité draconienne, une dépression de la demande par la baisse des salaires et du pouvoir d’achat, des libertés et des cadeaux accrus pour la finance et et le capital, une offre productive saignée par la rémunération des dividendes. Le nouveau gouvernement va amplifier cette politique, l’échec est programmé d’avance. La France peut gravement dévisser. L’autoritarisme et la brutalité comme méthode de gouvernement ne feront qu’accélérer cette grave crise politique.

Ce gouvernement sera incapable de rassembler les Français, la gauche et même les socialistes, pour renouer avec les exigences d’une politique de redressement national. Nous ne pouvons pas laisser faire car le prix à payer est déjà et sera plus lourd encore pour la France et les Français. Notre colère est d’autant plus grande que des solutions et des forces existent pour une autre politique. Le temps est venu pour tous ceux qui refusent ce cap suicidaire d’entrer en action, de débattre et d’agir en commun, de rassembler la gauche et le peuple pour construire une autre politique. Des fronts larges d’actions et de solutions doivent maintenant se constituer partout dans le pays pour la relance sociale, la justice fiscale, la lutte contre les gâchis de la finance, les créations d’emplois utiles aux services publics, au logement, à l’industrie et à la transition écologique, et pour la refondation démocratique de la République. Je donne rendez-vous à la fête de l’Humanité à toutes celles et ceux qui y sont prêts.

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Edito de Martine Billard, membre du Bureau national et du Secrétariat national du Parti de Gauche, 27 août 2014

La finance a maintenant un nom au gouvernement

Qui aurait pu croire que l’impudence de Manuel Valls irait jusqu’à nommer un banquier d’affaires ministre de l’économie ? Tout le monde se rappelle la fameuse phrase du discours du Bourget de Hollande : « la finance n’a pas de nom. Et pourtant elle gouverne ! ». Le peuple souffre ? Le gouvernement répond : ce qui nous importe c’est le satisfecit des marchés, du Medef et de Madame Merkel.

C’est terrible pour notre pays. Ceux qui appelaient encore ces derniers jours F. Hollande à changer de cap ont leur réponse : il continuera coûte que coûte avec la même politique. Il n’a jamais été aussi éclatant que ce gouvernement ne tient que grâce à la constitution de la 5ème République. Dans n’importe quel autre système, un président ayant perdu deux élections de suite, à 17 % d’opinions favorables et un premier ministre à 37 % auraient été renvoyés. Pas en France. Le discrédit de cet attelage est tel, ainsi que leur obstination à maintenir la baisse des dépenses publiques et la casse des droits sociaux, que 3 ministres ont préféré ne pas rempiler, en plus de Montebourg renvoyé. Du jamais vu ! Puisque la composition de ce nouveau gouvernement soulève tant d’indignation sur certains bancs du PS, ils doivent être cohérents jusqu’au bout et, le moment venu, refuser la confiance à Manuel Valls en votant contre et pas seulement en s’abstenant.
Nous le disons clairement : le PG est prêt à travailler avec tout le monde mais dans la clarté. Nous refusons l’ambiguïté. Dans cette période de crise économique et sociale qui se double d’une crise politique et institutionnelle, la réponse ne peut-être des jeux politiciens dans une course à l’échalote pour 2017. Notre pays mérite mieux. La 5ème République est à bout de souffle. Pour exiger une 6ème République, sociale et écologique, avec de nouveaux droits et des institutions démocratiques, quelle meilleure forme qu’une Constituante pour redonner la parole au peuple ?

En cette rentrée politique, c’est la bataille que nous voulons mener, bien évidemment sans abandonner les autres terrains de lutte comme l’emploi, la transition énergétique, le refus du GMT, de la réforme territoriale. Pour cela le BN a décidé de modifier notre organigramme de direction. Nous tournons donc la page de la coprésidence qui ne correspond plus à cette nouvelle étape. Je remercie tous les adhérents du PG pour ces 4 ans passés en tant que coprésidente aux côtés de Jean-Luc Mélenchon. Il y a eu des moments difficiles, mais combien de moments exaltants. Je suis fière de ce que nous avons construit tous ensemble, de ce parti écosocialiste. Je resterai évidemment engagé pleinement à de nouvelles fonctions tout comme Jean-Luc qui va consacrer beaucoup de temps désormais à ce mouvement pour la 6ème République dont la période a besoin.
Hier comme aujourd’hui, je n’ai qu’un conseil : on ne lâche rien !