9 mars 2016 : Manifestations en Saône-et-Loire

PROJET DE LOI SUR LE TRAVAIL : Environ 400 personnes à Mâcon contre « la légalisation des pratiques abusives »

Partis politiques, mouvements citoyens, mouvements associatifs, syndicats, mais aussi des jeunes non encartés, non affiliés venus dire un peu leurs inquiétudes, leurs questions et ce dont ils ne veulent pas : le rassemblement au Square de la Paix était informé, et convaincu.
16-03-09 Manif travail Mâcon4 Photo Thomas Diochon

L’ensemble s’est mis en marche pour descendre le cours Moreau jusqu’à la Préfecture : « Ce projet de loi, on n’en veut pas. »

Régression sociale majeure

Un mot réapparaît à la faveur de ce fameux projet, dont l’étude a été reportée par le gouvernement : « esclavage ». Il est dans toutes les bouches, tant les options économiques que ce projet promeut, sont loin, pour tous ceux qui manifestaient, des réalités sociales qui auraient tant besoin d’être considérées pour ce qu’elles sont : des enjeux humains, des enjeux de société. « L’introduction de la gestion économique dans le code du travail, c’est traiter les hommes et les femmes comme des marchandises », dit Jean-Marie, citoyen non encarté.

Le mouvement Ensemble 71 est là : « C’est une régression sociale majeure. On revient sur le statut même du salarié. Ça va dégrader davantage les situations, et cette fois-ci, celles de tout le monde, de tous. Des chômeurs aux doctorants, tout cela vise à mettre en compétition, à dresser les uns contre les autres. Quelles vies peut-on en espérer ? » Idée reprise par Bernard Cois, du PCF : « Ce ne sont pas des solutions puisque ça ne marche nulle part. Demain, ce seront des retraités qui retourneront bosser, ça monte les uns contre les autres, rien n’est en faveur des conditions d’une vie sociale digne pour tout le monde. »

Eve Comtet-Sorabella, conseillère municipale, élue Front de Gauche, relève que les pratiques abusives au nom du rendement économique existent déjà, mais « ce projet graverait dans le marbre ces pratiques, c’est comme rendre les abus légaux. Tout cela repose sur une politique libérale qui de toute façon ne fait pas ses preuves puisque le taux de chômage ne fait qu’augmenter. Cette politique détruit les emplois, alors inutile de venir dire que c’est une solution. »

"Un accélarateur de misère", pour le Front de Gauche. De gauche à droite : Patricia Baci (Parti de Gauche), Eve Comtet Sorabella (élue municipale Front de Gauche), Bernard Cois (Parti communiste français), Sylvie Faye-Pastor (Ensemble 71)

« Un accélarateur de misère », pour le Front de Gauche. De gauche à droite : Patricia Baci (Parti de Gauche), Eve Comtet Sorabella (élue municipale Front de Gauche), Bernard Cois (Parti communiste français), Sylvie Faye-Pastor (Ensemble 71)

Le raisonnement du projet est contraire à la logique élémentaire

Ils sont plusieurs à en faire la remarque : « Vouloir lutter contre le chômage en licenciant plus facilement et en augmentant le temps de travail ? C’est une aberration. » Ce défaut logique amuse les représentants d’ATTAC : « Réussir à expliquer que faciliter les licenciements c’est pour avoir plus d’ambauches, c’est extra ! Non, tout est fait pour installer et généraliser la précarité. »

"Augmenter la flexibilité pour nous faire courber l'échine, on n'en veut pas" dit Philippe Fournier, d'ATTAC (à d.)

« Augmenter la flexibilité pour nous faire courber l’échine, on n’en veut pas » dit Philippe Fournier, d’ATTAC (à d.)

Le projet, parce qu’il injecte un système économique dans un code social, est perçu comme « un accélérateur de misère ».

« Si on m’embauche parce qu’on vient de licencier quelqu’un, je ne trouverais pas ça gratifiant »

Du côté des jeunes, non encartés, non affiliés, on entend des paroles intéressantes, loin de tout slogan, à fleur de sensibilités malmenées par le taux de chômage et des formes d’insécurité propres à cette génération. Anaïs, 20 ans, a un bac pro et a intégré une formation de la Mission Locale, sur laquelle elle est très positive, Tom, 19 ans, a un CAP d’horticulture et cherche du travail : « On nous demande déjà bien assez de choses, et c’est déjà assez dur de trouver un emploi, sans aggraver la situation. On ne voit pas en quoi plus de licenciements ça ferait plus d’embauches. Et, si on m’embauche parce qu’on vient de licencier quelqu’un…c’est pas gratifiant. »

Plus loin, un petit groupes d’amis, non encartés, non affiliés, eux aussi : « On est dans une période de crise économique, financière, et politique. Il faut faire avancer les droits sociaux plutôt que de les faire reculer. », dit Nathalie. Son amie Marie-Claire enchaîne : « Dans ce projet, il y a des provocations volontaires, comme la réduction des jours de congés en cas de décès. Le gouvernement cèdera là-dessus, pour faire passer le reste ! Mais on est vigilants, il faut arrêter de nous prendre pour des ânes. »

La CGT résume au micro ce qui rassemble tout ce monde, et appelle à la grève, avec FO, Solidaires, FSU, et à un autre rassemblement, le 31 mars.

Source : Florence Saint-Arroman, Mâcon infos, 9 mars 2016
Photos : Thomas Diochon


Loi travail : 1500 manifestants à
Chalon, Mâcon, Tournus et Autun

A Chalon, à Mâcon et à Autun, trois rassemblements ont lieu aujourd’hui pour manifester contre la Loi travail.

Celui de Chalon-sur-Saône vient d’avoir lieu ce matin, il rassemblait environ 1000 manifestants.

Manifestation de Chalon sur Saône devant le medef

Manifestation de Chalon sur Saône devant le medef

A Mâcon, sous la pluie, 280 à 300 personnes ont manifesté en début d’après-midi ce mercredi à Mâcon contre la Loi travail, selon la police et les syndicats, qui tombent d’accord sur le chiffre.

Le rassemblement s’est d’abord tenu square de la Paix, dès 13 heures, avant que le cortège ne s’élance jusqu’à la préfecture. La manifestation a pris fin vers 14 h 30.

Il y avait peu de jeunes dans le cortège, malgré un appel à la mobilisation relayé ces derniers jours sur Facebook.

16-03-09 Manif macon

A Autun, 80 personnes ont défilé dans les rues de la ville pour protester contre le projet de réforme du code du travail. Une réforme qui, selon les syndicats, vise à « casser » les acquis sociaux historiques de la France pour « répondre aux exigences du patronat ». Avec le soutien de Ghislaine Colombo, suppléante du député Philippe Baumel qui manifestait à Paris pour la renégociation du texte de ce projet, le cortège s’est dirigé dans les rues piétonnes du centre-ville avant de rejoindre la Terrasse de l’Europe, point de rassemblement

Photo Nicolas Manzano

Photo Nicolas Manzano

Tournus : les lycéens dans la rue

Ce sont les jeunes qui ont manifesté à Tournus. Les élèves du lycée Gabriel Voisin sont descendus dans la rue pour signifier l’inquiétude que leur évoque la Loi travail pour leur avenir

Les élèves du Lycée Gabriel Voisin dans la rue. Photo Nicolas Manzano

Les élèves du Lycée Gabriel Voisin dans la rue. Photo Nicolas Manzano

Source : G. Fleury, J. Morin, N. Manzano et la rédaction JSL.com, 9 mars 2016

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