1er MAI 2014 – MACON : Discours de la CGT

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Discours de la CGT – 1er mai 2014

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,
Merci d’être venus participer à ce rassemblement revendicatif des travailleurs… Profitons-en pour faire quelques petits rappels historiques :

– Déjà réaffirmer que le 1er mai n’appartient qu’aux travailleurs !!!
– Les origines du 1er mai remontent aux événements de Chicago en 1886, où la grève des ouvriers américains pour la journée de huit heures se termine dans un bain de sang.
– Mais, c’est bien le 20 juillet 1889 qu’une motion est adoptée, par 377 délégués venus du monde entier, pour appeler les travailleurs à organiser “une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays et toutes les villes à la fois le jour convenu, les travailleurs mettent en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail”
– Les premières manifestations internationales du 1er mai eurent lieu pour la première fois en 1890.

Cette année , ce 1er mai revêt un caractère très spécial. En effet, les salariés, après avoir rejeté le gouvernement Sarkozy, un gouvernement de droite, attendaient beaucoup d’un président socialiste, dont on aurait pensé qu’il étant de gauche… Après deux ans de pouvoir, et une cuisante sanction aux élections municipales, le président persiste et signe à continuer à mettre en œuvre sa politique de droite, nommant comme Premier ministre, I’homme le plus à droite du PS.

Mais au-delà des Hommes et des Femmes du gouvernement, c’est bien la politique qu’il faut changer !

Nous l’avions dénoncé en son temps, le TSCG (Traité Européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) était un piège pour les salariés. C’était un outil mis en place par les politiques pour se lier les mains et empêcher les négociations futures, par la limitation du déficit public à 3% du PIB.

Avec la CES, la Confédération Européenne des Syndicats, dans la recherche de l’unité du mouvement syndical, tant en France qu’en Europe, la CGT défend la mise en place de réelles politiques publiques et industrielles sur le continent, au service de l’emploi et de la construction d’une Europe sociale.
La revendication de la CES d’un plan d’investissement pour l’Europe et pour la création d’emplois de qualité est de nature à aider notre continent à sortir de la crise.

Cette revendication fait écho à la campagne que nous conduisons en ce moment en France, dénonçant le coût du capital pour mieux souligner que le problème ne réside pas dans ce que notre gouvernement et le patronat appellent le coût du travail.

A moins d’un mois d’élections européennes qui risquent d’envoyer au Parlement européen, plus d’une centaine d’eurodéputés issus de partis d’extrême droite, notre manifestation prend toute son importance symbolique. Le Parlement qui sortira des urnes à la fin du mois de mai, la commission qui en découlera, doivent entendre nos colères et satisfaire nos revendications légitimes. Le 25 mai prochain, ne laissez pas les autres décider à votre place ! Prenez part au vote ! 

Réaffirmons très fort le “non à l’austérité en Europe”, et exigeons “le progrès social en Europe”, vive le rassemblement des salariés européens I

En France, malgré la cuisante sanction infligée par le peuple, le gouvernement reste sourd aux revendications du peuple réclamant plus de justice sociale !

La CGT rejette ce pacte de responsabilité car il n’a pas d’autre objectif que de mettre encore plus les salariés dans la précarité, dans la misère I

Le gouvernement doit comprendre qu’il doit stopper son pacte de responsabilité et mener une vraie politique de gauche !
Mais non, le nouveau Premier ministre continue la politique d’austérité, son annonce de ne pas augmenter le SMIC, de geler le salaire des fonctionnaires, et les pensions des retraités est très claire sur les intentions anti sociales du gouvernement.

Face à une situation économique et sociale qui s’aggrave, dans une société où la qualité du “vivre ensemble” se dégrade, il est urgent d’intervenir et ne pas laisser faire : urgent de dire haut et fort que les solutions apportées sont à des années-lumière des besoins des salariés.

Les orientations du nouveau gouvernement ne répondent en effet en rien aux aspirations des salariés et ne règleront rien.
Pour preuve dans la bassin mâconnais clunisois, les salariés d’OXXO vivent depuis plus d’un an la reprise par une des plus grosses fortunes algériennes, avec 112 suppressions d’emplois, refus de leur nouveau patron pour I’augmentation des salaires et de plus vivant le chômage partiel.
METSO, SCHNEIDER, SIMIRE et LE CENTRE HOSPITALIER DE MACON ont été en gréve, sur les salaires, la modulation du temps de travail, les restructurations…on est bien dans le même contexte national.

Le gouvernement remanié a clairement choisi d’enfoncer un peu plus le clou des mesures d’austérité, en commençant par imposer l’austérité salariale dans le secteur public comme dans le privé.

Dans une France où un jeune sur quatre est au chômage, où les plus anciens voient leurs pensions rabougries, où les salaires sont bloqués depuis de nombreuses années, et où plus de 80% des embauches sont réalisées en CDD, la situation des salariés n’a jamais été aussi fragile. Jamais, pourtant, les salariés ne se sont vus imposer autant de sacrifices pour le seul bénéfice du patronat.

o “Zéro charges” pour les salaires payés au Smic, c’est condamner des millions de salariés aux bas salaires.

o 2 € de plus par jour pour un salarié payé au Smic, à travers Ia diminution imposée de ses cotisations sociales, ce sera aussi, concrètement, pour lui, dès 2015, le “choix” entre des frais de couverture sociale supplémentaire ou des droits en moins.

o 19 milliards d’économies sur le budget de l’Etat: ce sera une baisse des capacités publiques d’intervention sociale et économique, une réduction des services publics et de leurs missions, moins d’infirmières, de professeurs, de policiers…

o 10 milliards d’économies sur l’Assurance-maladie : ce ne sera certainement pas un meilleur remboursement des médicaments et des soins, ni une meilleure prise en charge des assurés.

o En revanche, 30 milliards d’euros de cadeaux supplémentaires au patronat : c’est un nouveau détournement de notre budget commun, alors que, chaque année, chaque habitant français donne déjà plus de 3 000 € en aides diverses aux entreprises soit disant pour préserver l’emploi, sans aucune garantie que cet argent serve à l’emploi et encore moins à l’investissement.

Cette situation n’est pourtant pas une fatalité : d’autres choix visant le progrès social sont possibles. Pour cela, il faut s’unir pour agir, se rassembler pour gagner.

Le 4 avril dernier, les travailleurs de tous les pays européens, unis, avec leurs syndicats, ont montré leur capacité à se rassembler massivement pour dénoncer les politiques d’austérité imposées par les Etats membres de I’Union et les institutions européennes et exiger un plan de relance des investissements et la création d’emplois de qualité.

Pour sortir de l’austérité et ouvrir une nouvelle période de progrès social, nous sommes rassemblés ce 1er mai pour :

o l’augmentation des pensions et des salaires ;

o la mise à plat et l’évaluation de toutes les aides publiques accordées aux entreprises ;

o une vie meilleure, faite de justice sociale ;

o le respect des droits fondamentaux des êtres humains partout dans le monde, à commencer par le droit à un travail décent, reconnu et valorisé ;

o un débat national sur la répartition des richesses créées par notre travail.

Les salariés et leurs familles devraient faire des économies parce que c’est la crise !!!
Mais quelle crise ??? Les profits des banques et du CAC 40 explosent !
Et les milliardaires sont de plus en plus nombreux…

Le vrai problème : c’est la répartition des richesses créées par le travail !

– Alors que les riches font de l’évasion fiscale par centaines de milliards d’euros, le gouvernement répond avec des milliards de cadeaux supplémentaires aux entreprises, donc aux actionnaires !

– Alors que les riches fraudent le fisc de milliards d’euros, le gouvernement répond par la suppression de fonctionnaires, donc la suppression des agents qui luttent pour récupérer I’argent dans les caisses de l’Etat !

– Alors que les salariés ont plus que jamais besoin des prud’hommes pour faire valoir leurs droits bafoués impunément par des employeurs sans scrupules, le gouvernement veut supprimer les élections et éloigner encore plus I’accès à la justice des citoyens !

– Lorsque la crise a éclaté en 2008, tous les analystes ont reconnu que la France avait moins subi les effets de la crise que les autres du fait de notre protection sociale de qualité et de haut niveau. Pourtant, la seule réponse du gouvernement est d’attaquer notre protection sociale comme elle ne I’a jamais été !

Tous les acquis des salariés sont attaqués !
Nous devons nous mobiliser non pas pour les conserver, mais pour en conquérir de nouveaux !
Nous devons conquérir des acquis sociaux adaptés aux besoins d’aujourd’hui, et construits sur des fondamentaux solides !

– Reconquérir des services publics sans lien avec le secteur privé : sinon il y a aura exigence de profits pour rémunérer les actionnaires et le service rendu à la population n’est plus…

– Reconquérir de grandes entreprises publiques pour les matières premières, l’énergie, les communications, les transports…

– Reconquérir une protection sociale permettant à tous :

o de se soigner, sans conditions de ressources, et sans faire payer les malades…

o de financer le chômage non pas par ceux qui en bénéficient, mais en faisant financer ceux qui licencient…

o de bénéficier de la politique familiale quelle que soit sa situation, revenir à I’universalité…

o retraites

– Exigeons une réforme de la fiscalité basée sur la progressivité, pour que ceux qui ont le plus de moyens participent plus à l’effort de solidarité

– Exigeons des créations d’emplois pour que les richesses créées par le travail n’alimentent pas uniquement quelques très riches, mais permettent à de très nombreux salariés de vivre de leur travail.

– Exigeons aussi de fortes hausses de salaires pour permettre à tous les salariés de vivre dignement de leur travail, et exigeons l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ! Il ne suffit pas de dénoncer les 28 % d’écart tous les ans pour changer les choses I Il faut agir !

Toutes ces revendications sont cohérentes les unes avec les autres, elles amélioreraient les conditions de tous les salariés, les actifs, mais aussi les privés d’emplois parce qu’ils auraient un travail, et aussi les pensions pour les retraités.

Il faut des conditions de travail améliorées tout au long de la vie, pour permettre de profiter d’une nouvelle phase de vie lors de la retraite… et exiger des départs à la retraite en regard de la pénibilité.
Et ce projet n’a rien d’utopique, il exige juste une autre répartition des richesses, il impose aux salariés de se mobiliser massivement pour I’obtenir.

Il a bien été possible de créer la sécurité sociale au sortir de la guerre dans un pays ruiné… Donc améliorer nos conditions de vie et de travail à notre époque n’a rien d’utopique !!!

Refusons l’isolement, le repli sur soi, l’exclusion,
le racisme et le rejet de l’Autre.

Mobilisons-nous pour le “vivre ensemble”,
la solidarité entre les salariés
et I’égalité des droits, Ie choix de Ia paix, Ie choix du social.

 

Salariés, organisez vous dans les entreprises, créez des syndicats sur chaque lieu de travail, unissons-nous partout, en F’rance, en Europe avec Ia CES, dans le monde avec la CSI, et combattons pied à pied, le coût du capital pour un monde social !

Gagnons le progrès social pour toutes et tous !!!

Ce gouvernement est dur avec les faibles… et faible avec les durs III

Ne nous laissons pas faire !!!

Montrons que nous aussi on sait s’organiser

et on sait Iutter pour gagner !!!

 

NOUS VOUS DONNONS RENDEZ-VOUS

LE 15 MAI

POUR SOUTENIR LES FONCTIONNAIRES

QUI VOIENT LEUR POINT D’INDICE GELE DEPUIS 4 ANS

ET DONT NOTRE PREMIER MINISTRE REITERE CE GEL.

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

N’oubliez pas dans la continuité de la journée d’aujourd’hui, nous vous invitons le samedi 03 et dimanche 04 mai à CLUNY à un week-end cinéma exceptionnel sur la problématique “en avoir ou pas… du travail”.